Santé & Social

Les métiers de la santé et du social : panorama complet

Près de 3 millions de personnes travaillent dans les secteurs de la santé et de l'action sociale en France. C'est l'un des rares secteurs où la demande dépasse durablement l'offre. Mais recruter beaucoup ne veut pas dire recruter sans exigence : les formations sont sérieuses, les conditions de travail parfois difficiles, et les salaires variables selon le statut et l'employeur.

Emplois en France 3 millions Santé et action sociale
Postes non pourvus +100 000 En tension permanente
Croissance prévue +15 % D'ici 2030 (vieillissement)
Statut dominant Salarié Public 55 % / Privé 45 %

Le secteur santé-social en quelques chiffres

La France fait face depuis plusieurs années à une pénurie structurelle de professionnels de santé et du soin. Les hôpitaux publics peinent à recruter des infirmiers et des aides-soignants. Les établissements pour personnes âgées (EHPAD) affichent des taux de vacance de postes chroniques. Les services d'aide à domicile ne trouvent pas assez de candidats qualifiés malgré une demande qui ne cesse de progresser.

Ce contexte de tension a un effet sur les salaires : la revalorisation du Ségur de la Santé, en 2021, a augmenté les rémunérations des personnels soignants de 183 euros nets par mois dans le public. C'était une correction attendue depuis longtemps, mais qui n'a pas tout résolu : les salaires dans le privé non lucratif ont suivi, mais pas toujours dans le privé commercial.

Le secteur social est souvent distingué du secteur sanitaire, mais les deux se croisent constamment. Un éducateur spécialisé travaille avec des enfants ou des adultes en difficulté sociale, pas directement dans le soin médical. Un assistant social coordonne les aides et les accompagnements. Un psychologue peut exercer dans un hôpital, une école, un cabinet libéral ou une association. Les frontières sont floues et les passerelles nombreuses.

Les métiers du secteur

Cinq fiches métiers couvrent les profils les plus représentatifs du secteur. Ce ne sont pas les seuls métiers existants, mais ce sont ceux pour lesquels les demandes d'information sont les plus nombreuses et les débouchés les plus solides.

1 900 - 3 200 €/mois nets Bac+3 diplôme d'État

Le métier le plus demandé du secteur. Formation en 3 ans, débouchés dans le public, le privé et le libéral. La réforme LMD a ouvert la voie à des spécialisations en master.

Voir la fiche →
1 600 - 2 100 €/mois nets DEAS (10 mois)

Formation courte, recrutement immédiat. Un travail au contact direct des patients, physiquement et émotionnellement exigeant.

Voir la fiche →
1 800 - 3 500 €/mois nets Bac+5 obligatoire

Cinq ans d'études minimum, un marché du travail sélectif, mais des débouchés dans des contextes très variés : hôpital, école, cabinet libéral, entreprise.

Voir la fiche →
1 700 - 2 500 €/mois nets DEES (Bac+3)

Accompagnement de personnes en situation de handicap, d'exclusion sociale ou de difficultés familiales. Un métier difficile à tenir sans une conviction réelle.

Voir la fiche →
1 700 - 2 800 €/mois nets DEASS (Bac+3)

Interface entre les personnes en difficulté et les dispositifs d'aide. Un rôle de coordination et d'orientation, souvent méconnu dans ses réalités concrètes.

Voir la fiche →
2 500 - 5 000 €/mois nets Bac+5 (Master MOKR)

Rééducation des troubles du langage, de la parole, de la voix et de la déglutition. Forte demande sur tout le territoire, surtout en zone rurale. 80 % exercent en libéral.

Voir la fiche →
1 800 - 2 700 €/mois nets DEA (6 mois)

Transport sanitaire et premiers secours. Plus de 10 000 postes à pourvoir chaque année en France. Formation courte, insertion quasi immédiate.

Voir la fiche →
1 500 - 4 800 €/mois nets Bac+5 (formation privée)

Traitement des troubles musculo-squelettiques et fonctionnels par techniques manuelles. Exercice quasi exclusivement libéral. Marché saturé en ville, opportunités réelles en zone rurale.

Voir la fiche →
1 800 - 3 500 €/mois nets Concours catégorie C

Lutte contre les incendies, secours à personne, protection des populations. Concours sélectif, fort esprit de corps, rythme de garde 24/48h.

Voir la fiche →
1 800 - 3 500 €/mois nets BTS Opticien Lunetier (2 ans)

Profession de santé réglementée alliant technique optique, artisanat et conseil. Marché stable porté par le vieillissement de la population.

Voir la fiche →
1 800 - 3 000 €/mois nets BTS ABM ou Biotechnologies

Analyses biologiques en labo médical, industrie pharmaceutique ou recherche. Rigueur indispensable, emploi stable dans tous les secteurs de la santé.

Voir la fiche →

Les formations pour travailler dans le secteur

La quasi-totalité des métiers de la santé et du social sont réglementés : l'accès à l'exercice est conditionné à l'obtention d'un diplôme d'État ou d'un certificat de qualification reconnu. Il n'existe pas de voie courte non diplômante qui ouvre les mêmes portes. C'est une réalité à intégrer dès le départ.

Les parcours de formation sont nombreux. Un aide-soignant se forme en 10 mois. Un infirmier en 3 ans. Un éducateur spécialisé ou un assistant social en 3 ans également, mais via des instituts de formation spécialisés (IFTS, IRTS). Un psychologue passe par l'université, avec minimum 5 ans d'études.

La bonne nouvelle : beaucoup de ces formations sont finançables par le CPF, par France Travail, ou dans le cadre d'un projet de transition professionnelle. L'alternance existe dans certains parcours, notamment pour les aides-soignants et les auxiliaires de vie. La VAE est ouverte pour plusieurs diplômes du secteur, notamment le DEAS et le DEAES.

Se reconvertir vers la santé et le social

C'est l'un des secteurs qui attire le plus les personnes en reconversion, et c'est compréhensible : les débouchés sont réels, le sens au travail est au rendez-vous, et la demande sociale est forte. Mais il faut être lucide sur deux points.

Premier point : les salaires d'entrée sont souvent décevants par rapport aux attentes. Un aide-soignant débutant dans le secteur public gagne autour de 1 600 euros nets par mois. C'est peu au regard de la pénibilité du travail. Cette réalité décourage certaines personnes qui n'y avaient pas réfléchi avant de se lancer dans la formation.

Second point : les formations sont sélectives à l'entrée. Les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) reçoivent beaucoup plus de candidatures que de places disponibles. Un dossier solide et une motivation documentée sont indispensables.

Cela dit, pour ceux qui ont bien pesé ces deux points, la reconversion vers la santé-social peut être très réussie. Notre guide se reconvertir vers la santé et le social détaille les voies d'accès selon les profils.

Les tendances du secteur

Le vieillissement de la population est la tendance de fond qui structure tout le secteur pour les décennies à venir. En 2030, un Français sur quatre aura plus de 65 ans. La demande en soins à domicile, en accompagnement gériatrique et en structures d'hébergement médicalisé va mécaniquement augmenter. Les métiers d'aide à domicile, d'auxiliaire de vie et d'infirmier libéral sont ceux qui en bénéficieront le plus.

Du côté du social, la santé mentale est devenue une priorité nationale depuis la crise sanitaire de 2020. Les recrutements de psychologues et de travailleurs sociaux dans les structures publiques se sont multipliés, mais les salaires n'ont pas toujours suivi. C'est un secteur où s'engager demande une conviction qui va au-delà du seul salaire.

Reconversion vers ce secteur : par où commencer ?

Avant de vous lancer, prenez le temps de visiter un ou deux établissements, d'échanger avec des professionnels en poste, et de vous poser honnêtement la question du salaire. Puis lisez notre guide complet sur la reconversion vers la santé et le social pour connaître les voies d'accès selon votre situation.